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  • Photo du rédacteurEn attendant

Hulk, Armand Vaillancourt et moi

Dernière mise à jour : 9 févr. 2021

Hey chose, tu chantes à tue-tête ! T'as pas catché que tu me déranges ou tu t'en calisse ?

Asti de téléphone, arrêtez de m'appeler !!

Oh fuck, pas un autre courriel de l'école. J'AI PAS JUSTE ÇA À FAIRE LIRE VOS NIAISERIES !

Non, non, maman veut écrire encore un peu, va jouer.

JE VEUX TRAVAILLER, PAS MAGASINER UN MANTEAU D'HIVER, TRAVAILLER !!!!

Laissez-moi tranquille, c'est tu assez clair ????

J'ai l'goût de crisser mon camp, llllooooooiiiiiinnnnn et pu jamais revenir !!!!

J'ai honte de relire ces moments de rage, d'impatience, d'indisponibilité.

Je pogne pas les nerfs tout le temps, quand même, haha!

Mais comme, 2 fois/semaine au moins.

Il faut que j'assume que je suis pas zen.


Je ressemble à ça....


Même dans ma "best life".


Je croyais qu'en lâchant le travail social, qu'en reconnectant avec mes passions de jeunesse, qu'en faisant ce que j'aime, j'allais m'épanouir et être dans une sereine gratitude, mais non, la colère est encore là... comme avant.


Non, mon agressivité n'est pas nouvelle.


Péter un plomb pour des banalités quotidiennes est un signe qu'il y a autre chose, quelque chose de plus profond en-dessous. Si vous vous enragez régulièrement pour un rangement de lave-vaisselle ou un jouet qui traîne... posez-vous aussi des questions.

Je me suis donc interrogée, j'ai fouillé et changé des affaires.


Meilleure répartition des tâches.

Plus de temps pour moi.

Reconnaître quand j'ai dépassé mes limites.

M'exprimer AVANT de dépasser mes limites.

Dire non quand je veux dire non.

Améliorer mon lâcher-prise.

Quitter un milieu de travail malsain.

Créer un projet de poésie qui me stimule et me valorise.

Intégrer un nouveau milieu plus cohérent avec mes valeurs.

Faire du temps partiel.

Me débarrasser d'idéaux superficiels.

Décrocher des standards de perfection (les miens et ceux des autres).

Reconnaître mes émotions et mes besoins.

Les exprimer.


Chaque fois, ça a aidé, mais...

la fille irritée surgit encore...


Ma colère est toutefois différente.


Avant, je sentais le sang circulé lentement dans mes veines amincies, je pensais : j'ai zéro énergie pour gérer ceci, et c'était les ingrédients pour une éruption colérique.


Maintenant, la fatigue a disparue.

Maintenant, avant de m'insurger, je pense « laissez-moi tranquille, j'ai pas le temps, ça me tente plus. »

Écris de même, on dirait que c'est pire.


Je veux du temps, je veux être seule, je veux m'occuper juste de moi, je ne veux que moi en priorité, je veux donner mon énergie qu'à moi, je veux travailler sur mes projets en continu sans être dérangée.


Je veux être égoïste.


Je fantasme d'un endroit isolé.

Personne autour sauf si j'ai besoin d'aide.

Je rêve de passer mes journées à travailler sur mes projets, m'entraîner, déguster mes repas, écouter des séries, lire. J'imagine ça pour plus qu'une semaine ou deux, mais pour le restant de ma vie. La liberté.

L'image mentale que j'ai c'est un genre d'Armand Vaillancourt féminin.

J'ai plus en tête des images d'hommes vivant ainsi... les femmes sont encore plutôt rare à choisir cette vie, non ?

L'espèce de mythe de l'artiste qui vit en retrait, sauvage face au monde, à créer dans son univers... les cheveux longs, sage, désinvolte, fripés, troués, simple, bohème...

Je me vois sereine dans ce scénario. J'ai l'air bien et je m'ennuie de rien, de personne.

J'adore mon chum, mes enfants, mais, dans ce scénario, il-elles ne s'ennuient pas, il-elles sont bien sans moi.

Et vice versa.

Je me crispe, je bouille devant l'inaccessibilité de ce désir.

Parce qu'il est clairement impossible, parce que j'aime mon monde, mes enfants, ma famille... ça serait une torture que de ne pas être auprès d'eux.

Et je me juge avec aversion d'idéaliser un scénario d'ermite sans eux.

Après, je m'accueille avec bienveillance... ce ne sont quand même que des divagations...

Et, je replonge en me demandant si j'ai manqué mon "calling".

Est-ce que j'aurais dû écrire et créer dans la solitude et la simplicité volontaire ?

Ne pas avoir d'hypothèque, de mari ou d'enfants. Être seule jusqu'au bout.

Je redeviens dégoutée de ces pensées que je juge. Mes filles ne seront jamais une erreur. JAMAIS.

Et je suis honteuse de ce que mon esprit m'évoque...

et, je crois que, la colère émerge de ces ingrédients-là, de ce cercle...


Je le subis, mais mes proches en sont d'autant plus affectés.


Quand j'en entendu mon chum m'avouer qu'il pensait honnêtement que la colère disparaîtrait si je faisais enfin quelque chose qui me rend heureuse... ça m'a brisé. Je me suis sentie coupable et... honteuse.


Sachant que ma honte engendre ma colère qui fait émerger ma honte.

Je m'en sors pas.

Je crois que la honte, quand elle est nommée, mise sur la place publique,

a moins de pouvoir.

Alors je l'écris ici en espérant m'en libérer.


Libre... avec/malgré mon hypothèque, mes proches, mes obligations, mes tâches, mes responsabilités, mes rêves, mes projets, mes passions comme Armand Vaillancourt.

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